BASSIN DE LACQ. Face aux baisses de commandes et à l'incertitude que génère la crise économique, les industriels cherchent à s'adapter. Exemple sur les sites du groupe Arkema
Arkema : comment se battre dans le brouillard
Le bâtiment et l'automobile souffrent. L'usine de Mont en subit les conséquences.
( archives t. KLUBA)
«On est dans le brouillard. » Ce commentaire formulé par un chef d'entreprise installé en Béarn témoigne bien de l'incertitude que la crise économique fait peser en ce moment sur le tissu industriel béarnais.
Le groupe Arkema, qui possède à Lacq, Mourenx et Mont des unités de production chimique où travaillent plus de 550 personnes, ainsi qu'un centre de recherches employant 170 salariés, ne fait pas exception à la règle.
Intervenant dans un secteur d'activité où la défaillance d'un maillon a des conséquences sur toute la chaîne, celui-ci ressent de manière directe les difficultés auxquelles se heurtent certains de ses clients. À commencer par les industriels du bâtiment et de l'automobile.
Un exemple parmi d'autres permet de bien le comprendre : les polymères Orevac, fabriqués par l'usine de Mont, sont utilisés pour relier entre elles les différentes couches de plastiques servant à fabriquer des réservoirs de voitures. Or, si l'automobile va mal, le reste faiblit forcément.
Commandes en baisse
« D'une manière générale, nous connaissons en ce moment une baisse de 40 % de commandes de nos produits », dit Éric Ratier, directeur de l'établissement de Mont où sont également produits des lactames et des orgasols. Des produits que l'on retrouvera notamment dans les chaussures de sport, les colliers de serrage, les peintures murales ou la cosmétique.
Spécialisée dans la chimie du soufre, l'usine de Lacq subit d'une manière moindre les difficultés éprouvées par ses clients. Certains secteurs d'activité résistent mieux, indique Philippe Viprey, responsable du site de Lacq-Mourenx. C'est le cas des produits utilisés pour la désulfuration des gasoils et des essences. Mais aussi de ceux permettant de donner une odeur au gaz naturel qui, à l'état brut, n'en a pas. Ou encore ceux qui entrent dans la composition d'un acide aminé utilisé pour l'alimentation animale.
Dès la fin 2008
Cela dit, globalement, l'horizon demeure opaque. « Habituellement, nous effectuons une première estimation à l'année, pour établir nos grands programmes de production qui sont ensuite affinés au trimestre ou au mois. »
« Ce qui est nouveau, c'est que cette visibilité a disparu. Nos clients annulent des commandes. Une grande prudence est observée par tous les acteurs de la filière, qui réduisent leurs stocks. Et personne ne voit de sortie à cette situation. »
Le bassin de Lacq en a subi les conséquences dès le dernier trimestre de 2008. « Dans nos industries, les dépenses les plus importantes sont en effet entraînées par les achats de matières premières et d'énergie », rappelle Éric Ratier. « Elles représentent 70 % à 90 % du coût de fabrication de nos produits. Produire sans vendre est donc impossible. »
Pour éviter toute dérive, les usines d'Arkema ont été contraintes de ralentir ou d'arrêter leurs productions les plus touchées pendant quelques semaines, à partir de la mi-octobre. « On a géré cela en utilisant les quotas de congés dont le personnel disposait », explique Éric Ratier pour le site de Mont.
Après consultation du personnel, une organisation temporaire du travail a également été mise en place pour l'année 2009. « Elle permet aux gens travaillant sur les unités les plus impactées d'intervenir sur d'autres secteurs où la situation est moins tendue. Cet aménagement a été facilité par la polyvalence des personnels, mais également par l'habitude des industriels de la chimie à gérer des systèmes de production complexes, explique-t-il.
Mesures d'économie
Enfin, des mesures d'économie générale ont été prises sur les sites d'Arkema. « Cela joue sur tout. On essaie, par exemple, de moins voyager, de faire des visioconférences. C'est de la bonne gestion de trésorerie. Par ailleurs, nous avons la chance d'avoir un bon bilan financier. Ce qui constitue un avantage par rapport à nos concurrents », dit Philippe Viprey.
Tandis que le responsable du site de Mont tient à souligner une réalité : « Le problème brutal que nous rencontrons est lié au marché, pas à la nature de notre outil industriel. Il ne signifie pas que nous avons perdu des marchés, ou bien que nous sommes moins performants ».
Cela dit, reconnaissent les industriels, il ne faudrait pas que la crise traîne, et que le brouillard tourne à l'orage.
La recherche reste prioritaire
Trois types de recherches sont effectuées dans le Groupement de recherche de Lacq (GRL), où travaille notamment le personnel d'Arkema. Des tâches que la crise ne devrait pas impacter pour une large mesure.
« Nous avons décidé de ne pas toucher à la recherche prospective, menée à un horizon de cinq ans », explique Richard Audry, directeur du GRL. « Au contraire, il y a une forte volonté de pousser ce type de recherche. Car cela nous permet de préparer l'avenir. » Dans le même esprit, la recherche menée à moyen terme et destinée à améliorer les procédés de fabrication des produits existants, mais aussi à leur trouver de nouvelles applications, n'est pas affectée.
L'assistance technique, c'est-à-dire le soutien apporté aux clients, est pour sa part liée à l'activité. Elle connaît « un peu de ralentissement de la demande ». Des personnels affectés à cette activité sont donc orientés vers la recherche à moyen terme. « Mais, résume Richard Audry, à part une ou deux lignes de produits ayant un peu plus de difficultés, nous préservons l'essentiel de notre recherche ».
Auteur : JEAN-JACQUES NICOMETTEjj.nicomette@sudouest.com
La recherche reste prioritaire
Le Groupement de recherche de Lacq. (photo dr)
Trois types de recherches sont effectuées dans le Groupement de recherche de Lacq (GRL), où travaille notamment le personnel d'Arkema. Des tâches que la crise ne devrait pas impacter pour une large mesure.
« Nous avons décidé de ne pas toucher à la recherche prospective, menée à un horizon de cinq ans », explique Richard Audry, directeur du GRL. « Au contraire, il y a une forte volonté de pousser ce type de recherche. Car cela nous permet de préparer l'avenir. » Dans le même esprit, la recherche menée à moyen terme et destinée à améliorer les procédés de fabrication des produits existants, mais aussi à leur trouver de nouvelles applications, n'est pas affectée.
L'assistance technique, c'est-à-dire le soutien apporté aux clients, est pour sa part liée à l'activité. Elle connaît « un peu de ralentissement de la demande ». Des personnels affectés à cette activité sont donc orientés vers la recherche à moyen terme. « Mais, résume Richard Audry, à part une ou deux lignes de produits ayant un peu plus de difficultés, nous préservons l'essentiel de notre recherche ».
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire